Né à Montmartre, formé entre l'art, la technique et les sciences humaines (ingénierie, médecine, jeu d’acteur, peinture, photographie), Aurel J développe une pratique de la peinture qui puise dans toutes ces strates. Avec un dénominateur commun : les visages.
Entre Paris et Stockholm, Aurel J peint des visages, donc. Des visages qui sourient, qui doutent, qui cherchent, mais qui toujours éclairent. Des visages vivants, saisis dans un instant de vérité.
Ses techniques de prédilection ? L’aquarelle, pour sa légèreté, sa transparence, sa fugacité. Et l'acrylique où la couleur peut vibrer, s'épaissir, prendre du corps.
« Une toile ne doit pas laisser indifférent.
Elle a pour vocation d'émouvoir et de susciter de la joie chez celui qui la regarde.»
Les portraits d'Aurel J naissent d'un geste rapide, précis, presque instinctif. Mais aussi d’une conscience de l’espace et de la lumière. Ne pas remplir mais trouver le juste équilibre — ”lågom” en suédois — entre le blanc et la couleur.
Cet équilibre se nourrit des deux villes.
À Montmartre, l’héritage du geste, par mimétisme, les ruelles pentues, la lumière frémissante des lampadaires qui vient susciter l’émotion.
À Stockholm, la présence de la nature, de l’eau, une clarté plus froide, plus horizontale mais qui, aussi, vient susciter l’émotion.
Les compositions d'Aurel J oscillent entre ces influences latine et scandinave. Le résultat n'est pas décoratif — il ne cherche pas à plaire au premier regard, mais à toucher, à créer un déplacement chez le spectateur.
« Dans tous les cas, peindre un visage, c'est un défi au temps qui passe. »
Le portrait est une discipline d'humilité.
En aquarelle, il est difficile de corriger un coup de pinceau : chaque geste est définitif, chaque hésitation sur le visage reste visible dans la transparence du papier. En acrylique, la contrainte est autre. Le temps de séchage laisse à l’artiste un temps compté pour modeler sa matière.
Dans tous les cas, un visage peint est un défi au temps qui passe. Le défi de saisir ce moment fugace où le sourire du modèle naît profondément. Le défi, ensuite, de le traduire en émotions, avec la technique, la plus simple possible.
L’importance du blanc et l’importance de la transparence dans le portrait sont pour moi une réponse à l’exigence incommensurable de ne pas pouvoir tout transcrire sur la toile. Elles sont aussi une manière de laisser la place à l’imagination du spectateur et de faire confiance à son oeil.

Le blanc n'est pas une absence, c'est une respiration. Dans chaque toile, il y a autant de vide que de couleur — c'est là que l'œil se repose, et que la lumière peut entrer.

Rien n'est figé. Le geste précède la réflexion, la touche reste visible, le corps guide la main. Chaque toile garde la trace de l'instant où elle a été peinte.

Un visage qui s'éclaire, un sourire qui perce le papier ou la toile. La lumière ici n'est pas un effet technique : c'est la joie même, glädje, cherchée dans chaque portrait.